{"id":945608,"date":"2026-08-17T23:22:40","date_gmt":"2026-08-17T21:22:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.albinfo.ch\/?p=945608"},"modified":"2026-08-17T23:22:40","modified_gmt":"2026-08-17T21:22:40","slug":"marc-voltenauer-jeter-un-pont-entre-la-suisse-et-les-balkans-a-travers-le-polar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/marc-voltenauer-jeter-un-pont-entre-la-suisse-et-les-balkans-a-travers-le-polar\/","title":{"rendered":"Marc Voltenauer : Jeter un pont entre la Suisse et les Balkans \u00e0 travers le polar"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l&#8217;occasion de la traduction de son roman <em>Cendres ardentes<\/em> en albanais sous le titre <em>Th\u00ebngjij p\u00ebrv\u00eblues<\/em>, le c\u00e9l\u00e8bre auteur suisse Marc Voltenauer se livre en exclusivit\u00e9 \u00e0 albinfo.ch sur la gen\u00e8se de cette \u0153uvre singuli\u00e8re. Un roman policier qui, au-del\u00e0 du suspense, se veut une v\u00e9ritable exploration de l&#8217;\u00e2me balkanique et un hommage \u00e0 la diaspora albanaise de Suisse.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.albinfo.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-945579\" src=\"https:\/\/www.albinfo.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-1024x461.png\" alt=\"\" width=\"578\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-1024x461.png 1024w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-300x135.png 300w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-768x346.png 768w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-1536x691.png 1536w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-587x264.png 587w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-180x81.png 180w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2-265x119.png 265w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/voltenau-2.png 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>De Gryon aux Balkans : La gen\u00e8se d&#8217;une rencontre<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9e d&#8217;unir ces deux univers g\u00e9ographiques et culturels est n\u00e9e d&#8217;une r\u00e9flexion de l&#8217;auteur sur la population albanaise de Suisse et sur les pr\u00e9jug\u00e9s tenaces qui l&#8217;entourent, confie-t-il \u00e0 albinfo.ch. C&#8217;est lors d&#8217;un p\u00e9riple en Albanie avec son compagnon Benjamin que le roman a litt\u00e9ralement pris corps. En sillonnant le pays, de Tirana aux monts Maudits, Marc Voltenauer a \u00e9t\u00e9 saisi par le contraste flagrant entre l&#8217;image per\u00e7ue depuis la Suisse et la r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;un pays dot\u00e9 d&#8217;une beaut\u00e9 et d&#8217;une hospitalit\u00e9 extraordinaires. L&#8217;\u00e9vidence s&#8217;est alors impos\u00e9e : ces deux mondes sont d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment li\u00e9s, la communaut\u00e9 d&#8217;origine albanaise faisant partie du quotidien de la Suisse romande depuis plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit suit la trajectoire de la famille Hoti, qui a fui la dictature d&#8217;Enver Hoxha, a transit\u00e9 par le Mont\u00e9n\u00e9gro, pour finalement reconstruire sa vie dans le Chablais vaudois. L&#8217;intrigue s&#8217;ouvre sur un voyage fun\u00e8bre poignant : Mirjan Hoti ram\u00e8ne le corps de son \u00e9pouse dans le caveau familial au pays, un acte qui cr\u00e9e un pont entre les deux mondes et r\u00e9veille un pass\u00e9 que la famille croyait enterr\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;immersion : Raconter un pays au-del\u00e0 du simple d\u00e9cor<\/p>\n<p>Pour l&#8217;auteur, comme il l&#8217;explique aux lecteurs d&#8217;albinfo.ch, il est impossible d&#8217;\u00e9crire sur un lieu sans y avoir mis les pieds, sans en avoir senti les odeurs, go\u00fbt\u00e9 la cuisine et \u00e9cout\u00e9 les habitants. Ce voyage initiatique a \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9 de rencontres fondamentales. Le couple a eu la chance d&#8217;\u00eatre accueilli \u00e0 Tirana par Chantal Nicod, de l\u2019Ambassade Suisse, qui leur a transmis sa passion pour l&#8217;Albanie. Toutefois, la rencontre la plus marquante reste celle de Diana Rekepi, surnomm\u00e9e Lali, l&#8217;une des derni\u00e8res <em>burrnesha<\/em> (vierge jur\u00e9e) d&#8217;Albanie. Le personnage de Lali dans le roman est librement inspir\u00e9 de cette femme exceptionnelle, avec qui l&#8217;auteur a pass\u00e9 une soir\u00e9e m\u00e9morable \u00e0 Durr\u00ebs, et qui est malheureusement d\u00e9c\u00e9d\u00e9e peu apr\u00e8s la parution du livre en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>L&#8217;atmosph\u00e8re authentique du livre puise sa source dans ces partages, entre le raki, les tavernes, la montagne et l&#8217;hospitalit\u00e9 inscrite au c\u0153ur m\u00eame du Kanun. Comme le r\u00e9sume l&#8217;\u00e9crivain pour albinfo.ch, sans ce voyage, il aurait simplement \u00e9crit un d\u00e9cor ; gr\u00e2ce \u00e0 lui, il esp\u00e8re avoir racont\u00e9 un pays.<\/p>\n<p><strong>Traditions et d\u00e9construction des pr\u00e9jug\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>S&#8217;attaquer au Kanun n\u00e9cessitait d&#8217;\u00e9viter \u00e0 tout prix de sombrer dans les clich\u00e9s du \u00ab Balkan violent \u00bb. L&#8217;\u00e9crivain s&#8217;est ainsi longuement document\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficiant notamment de l&#8217;accompagnement pr\u00e9cieux de Bashkim Iseni, sp\u00e9cialiste des Balkans et des diasporas. Il a d\u00e9couvert que le Kanun de Lek\u00eb Dukagjini est avant tout un code coutumier complexe de cent cinquante-neuf chapitres r\u00e9gissant la vie sociale, la famille, l&#8217;hospitalit\u00e9 et l&#8217;honneur. La <em>gjakmarrja<\/em> (vengeance par le sang) n&#8217;en occupe qu&#8217;un chapitre et visait, \u00e0 l&#8217;origine, \u00e0 encadrer la violence pour \u00e9viter des tueries familiales infinies, souligne-t-il aupr\u00e8s d&#8217;<strong>albinfo.ch<\/strong>.<\/p>\n<p>Le roman policier devient ainsi un formidable outil, un v\u00e9ritable \u00ab cheval de Troie \u00bb, pour d\u00e9construire les st\u00e9r\u00e9otypes en invitant le lecteur \u00e0 c\u00f4toyer des personnages albanais dans toute leur humanit\u00e9 et leur histoire. La r\u00e9ussite de l&#8217;int\u00e9gration de cette communaut\u00e9 est d&#8217;ailleurs mise en lumi\u00e8re \u00e0 travers le personnage d&#8217;Artan, arriv\u00e9 en Suisse \u00e0 dix-neuf ans, qui apprend le fran\u00e7ais et devient pr\u00e9sident du club de football de Bex.<\/p>\n<p><strong>Des personnages tout en nuances<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00e9viter toute stigmatisation, Marc Voltenauer tenait absolument \u00e0 explorer les zones grises et \u00e0 offrir de la nuance. Au sein de la m\u00eame famille Hoti, plusieurs r\u00e9alit\u00e9s coexistent et s&#8217;affrontent. Alors que Mirjan et Artan choisissent la participation active \u00e0 la vie locale, Dafina et son fils Sk\u00ebnder optent pour le repli et sombrent dans le trafic. La jeune g\u00e9n\u00e9ration, repr\u00e9sent\u00e9e par Julian et Ardiana, est quant \u00e0 elle tiraill\u00e9e entre la loyaut\u00e9 familiale et la conscience morale.<\/p>\n<p>L&#8217;auteur est cat\u00e9gorique lors de son \u00e9change avec albinfo.ch : dans ses romans, le mal n&#8217;a pas de nationalit\u00e9. Le personnage de Sk\u00ebnder n&#8217;est pas un monstre en raison de ses origines albanaises, mais il est d\u00e9crit comme un pervers sans empathie qui instrumentalise sa propre culture. Ce choc des cultures bouscule m\u00eame les certitudes de l&#8217;enqu\u00eateur principal, Andreas Auer, dont les grilles de lecture habituelles s&#8217;effondrent face \u00e0 ces codes d&#8217;honneur, \u00e0 la m\u00e9moire de la dictature et \u00e0 une conception du temps o\u00f9 une vendetta peut traverser quarante ans sans rien perdre de sa force.<\/p>\n<p><strong><em>Th\u00ebngjij p\u00ebrv\u00eblues<\/em> : Un retour aux sources<\/strong><\/p>\n<p>La parution du roman en albanais aux \u00e9ditions Dituria \u00e0 Tirana est v\u00e9cue par l&#8217;auteur comme une immense fiert\u00e9 et un juste retour des choses, un accomplissement qu&#8217;il partage aujourd&#8217;hui avec albinfo.ch : un roman n\u00e9 en Albanie qui y retourne aujourd&#8217;hui. Ce projet a \u00e9t\u00e9 rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 Lindita Gjetani, qui avait servi de traductrice lors de la rencontre avec Lali. C&#8217;est elle qui a soumis l&#8217;\u0153uvre \u00e0 l&#8217;\u00e9diteur et qui en a assur\u00e9 la traduction, en \u00e9changeant r\u00e9guli\u00e8rement avec l&#8217;auteur sur les passages les plus d\u00e9licats, comme les citations du Kanun.<\/p>\n<p>Le livre est d\u00e9sormais accessible \u00e0 un large public. En Albanie et au Kosovo, il est disponible dans les librairies et aupr\u00e8s des \u00e9ditions Dituria, tandis que la diaspora en Europe peut le commander sur des plateformes comme Adrion Ltd, Leximtari, ou ShtepiaeLibrit. La version originale fran\u00e7aise, <em>Cendres ardentes<\/em>, reste quant \u00e0 elle disponible partout en Suisse et en France.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.albinfo.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-945582\" src=\"https:\/\/www.albinfo.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-624x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"624\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-624x1024.jpg 624w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-183x300.jpg 183w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-768x1260.jpg 768w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-936x1536.jpg 936w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-241x396.jpg 241w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-61x100.jpg 61w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2-107x175.jpg 107w, https:\/\/www.albinfo.de\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/marc_voltenauer_-_2019_cropped-2.jpg 1201w\" sizes=\"auto, (max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>Le mot de la fin<\/strong><\/p>\n<p>En guise de conclusion, Marc Voltenauer adresse par l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;albinfo.ch un message rempli de gratitude aux lecteurs albanais, leur confiant que ce livre leur appartient un peu, puisqu&#8217;il est le fruit de l&#8217;hospitalit\u00e9 que leur pays lui a offerte. Il explique avoir essay\u00e9 d&#8217;\u00e9crire sur l&#8217;Albanie et sur la diaspora avec le regard d&#8217;un ami, sans na\u00efvet\u00e9, mais sans jamais c\u00e9der \u00e0 la caricature. Si des lecteurs se reconnaissent dans la famille Hoti, dans ses fiert\u00e9s comme dans ses blessures, alors le roman aura accompli sa v\u00e9ritable vocation : jeter un pont.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l&#8217;occasion de la traduction de son roman Cendres ardentes en albanais sous le titre Th\u00ebngjij p\u00ebrv\u00eblues, le c\u00e9l\u00e8bre auteur suisse Marc Voltenauer se livre en exclusivit\u00e9 \u00e0 albinfo.ch sur la gen\u00e8se de cette \u0153uvre singuli\u00e8re. Un roman policier qui, au-del\u00e0 du suspense, se veut une v\u00e9ritable exploration de l&#8217;\u00e2me balkanique et un hommage \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":945577,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[33083,34902,34903,24637,1164,24662,1160,23277,23270,1159,1163,1168],"tags":[],"vendi":[],"content_country":[],"class_list":["post-945608","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-de-balkani-fr","category-litterature-2","category-langue","category-nouvelles-fr-4","category-integration-fr","category-litterature","category-actuel","category-news-fr","category-at-balkani-fr","category-ch-balkans","category-fr-e-diaspora","category-culture"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/945608","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=945608"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/945608\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":945617,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/945608\/revisions\/945617"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/945577"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=945608"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=945608"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=945608"},{"taxonomy":"vendi","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/vendi?post=945608"},{"taxonomy":"content_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/content_country?post=945608"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}